publications de Jacques Gruber
les poèmes
de
de
Sveltes poèmes
de même que Le Matin vient déjà
et Un Signe dans la vie
ont été transferrés
sur le blog
Poésie jour et nuit
(poésie-parole.blogspot.com)
c'est là que vous les retrouverez
de même que Le Matin vient déjà
et Un Signe dans la vie
ont été transferrés
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Poésie jour et nuit
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c'est là que vous les retrouverez
*
PUBLICATIONS
de
Jacques Gruber
publication de la
Revue d'histoire et de philosophie
religieuses de Strasbourg
avril-juin 1986
juillet-septembre 1986
LA REPRESENTATION DE DOROTHEE SöLLE
une représentation sans spectacle
Résumé (première partie):
Il s'agit à la fois d'une analyse et d'une
interprétation de la pensée de Dorothée Sölle dans La Représentation
("Stellvertretung") parue
en 1965. L 'analyse
fait ressortir une conception hégélienne de la Médiation du Christ dans le
cadre d'un post-théisme compris ici comme l'alternative au théisme et à
l'athéisme. L'interprétation de l'auteur consiste à comprendre l'absence de
Dieu de Dorothée Sölle comme liberté de Dieu.
(deuxième partie):
Cette seconde partie développe des
réflexions personnelles. Un après-théisme non hégélien, qui reconnaît le rôle
de l'Esprit et de l'Ecriture, rendant compte, par là, de la Médiation du Christ
dans toute sa complexité, est possible. Le théisme immédiat est une
appréhension du phénomène apparent de Dieu. L'après-théisme ou, mieux: le théisme
médiatisé, rend compte du passage du phénomène apparent au phénomène réel du
théisme, passage qui s'est effectué et s'effectue toujours par Christ et en
lui.
Jacques Gruber
Publications
aux
éditions du Cerf
29, boulevard de La Tour-Maubourg, 75340
Paris cedex 07
JACQUES GRUBER
ENTENDRE
LA PAROLE
le témoignage intérieur du Saint Esprit
Éditions du Cerf 2003
La Bible chrétienne est à la
fois un document historique, une Écriture et une Parole.
Entendre la Parole, c’est prêter attention au bruissement
d’un flot de source. Une eau dont on sait de quoi elle est faite et dans
quelles conditions elle peut naître, mais dont on ne peut dire pourquoi elle a
jailli ici plutôt qu’ailleurs, pourquoi on l’a perçue alors que d’autres
passent à côté.
Après avoir parcouru l’histoire de la constitution et de
l’interprétation de la Bible chrétienne en ses différents aspects, puis évoqué
la tâche scripturaire et existentielle des théologiens, ce livre s’attache à la
réception spirituelle du message biblique.
L’œuvre imprévisible du Saint Esprit n’est pas abordée ici
à partir d’une théologie dogmatique d’en-haut, qui la rapporte à une action
secrète, directe, voire immédiate, de Dieu et qui serait ressentie comme
arbitraire. Au contraire, elle est envisagée dans une anthropologie théologique
d’en-bas, telle que la médiation de Jésus Christ la fonde, comme liée à notre
condition humaine foncièrement marquée par l’ambivalence.
Recevoir la Parole produit un sentiment de mise à part pour
un service qui ne va pas sans des hauts et des bas (peut-être même avec des
déchirements). Tous les chrétiens, qu’ils vivent leur foi dans un certain
anonymat, ou qu’ils soient chargés d’un ministère dans leurs communautés,
peuvent en faire l’expérience.
Se fermer à cette Parole, ne la recevoir que rarement ou
par intermittences, reste sans aucun doute tragique pour les individus et les
peuples, mais n’est jamais irrémédiable pour personne et ne relève d’aucun
jugement humain ni sur soi ni sur les autres.
Jacques Gruber
« VOUS
SEREZ
MES
TÉMOINS »
pour un temps de confusion
et de mutations
Paris, Editions du Cerf, 2009
Le temps de confusion et de mutations que
nous vivons n’épargne pas le christianisme. Même dans les sciences, il exclut
les certitudes absolues. Il n’exclut cependant pas les convictions.
Pour l’auteur, c’est le temps des témoins,
aussi bien dans l’Église que hors d’elle. L’apostolat, l’exemplarité des
saints, les élus à la seule gloire de Dieu, l’ascèse hors du monde ou
intramondaine, la vocation à un ministère ou vécue comme engagement familial,
professionnel, ecclésial, citoyen, la liturgie et la prédication,
l’évangélisation, ont à s’interroger sur leur pertinence à cet égard.
Être fait témoin
est la façon donnée aujourd'hui, à titre individuel ou ecclésial, à ceux qui
revendiquent le nom de chrétiens, pour s’anticiper dans la Cité planétaire
actuelle et pour elle, tant sur le plan anthropique que charismatique.
Le Saint Esprit souffle où et quand il
veut, mais se lie expressément à la parole de Dieu biblique. Sa propre
dynamique du salut nous rend aptes à affronter les risques de la liberté,
l’étranger et les innovations, l’incertitude, l’inconnu, l’informel,
l’inattendu, le vide.
La confiance, l’inspiration, la
créativité du témoignage chrétien s’adossent à l’histoire sainte biblique ;
font appel aux régulations que peuvent offrir les grandes traditions
religieuses et ecclésiales, celles du Judaïsme en première ligne ; puisent dans
un patrimoine chrétien et humaniste séculaire ; s’accompagnent de la
reconnaissance de toutes ces dettes.
En ce temps, qui est un temps ouvert, ou
que nous avons pour tâche d’ouvrir, le témoignage apporté par l’Évangile ou le
témoignage qui lui est rendu, sans arrière pensée de récupération, ne sauraient
perdre de vue qu’ils sont porteurs et attractifs du seul fait de l’Évangile
lui-même.
Les crises qui secouent le christianisme
sont à la mesure des nouvelles chances offertes à l’humanité. C’est en
considération de celles-ci (et non des potentialités de gâchis inhérentes à
tout ce qui est humain) qu’il nous est donné d’être et d’être témoins.
Mes blogs sont, dès à présent, en accès libre. Je compte sur mes lecteurs pour les citer et les diffuser (tout ou partie) sans changement et sous mon nom. Je les en remercie. Telle est ma volonté, Limeil Brévannes, Jacques Gruber, 14 juillet 2016
Poésie jour et nuit: Cinq âges poétiques dans une vie: 1) de la fin de le deuxième guerre mondiale jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie : Un Signe dans la vie ; 2) du rideau de fer à la chute du mur de Berlin: Le Matin vient déjà ; 3) à l'heure d'internet : Sveltes poèmes; 4) années 2010-2013 : Une existence poétique actuelle, premier et deuxième fascicules; 5) année 2013 et suivantes : Etoiles sur un fond noir; https://poésie-parole.blogspot.com
1995
2006-2018

Existence et sens: Le sens de l'existence aujourd'hui, pourquoi l'Occident l'a-t-il perdu ? Qu'en est-il des autres religions? de l'incroyance ? : existence-et-sens.blogspot.com
BLOGS
Mes blogs sont, dès à présent, en accès libre. Je compte sur mes lecteurs pour les citer et les diffuser (tout ou partie) sans changement et sous mon nom. Je les en remercie. Telle est ma volonté, Limeil Brévannes, Jacques Gruber, 14 juillet 2016
de 1945 à aujourd'hui
Poésie jour et nuit: Cinq âges poétiques dans une vie: 1) de la fin de le deuxième guerre mondiale jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie : Un Signe dans la vie ; 2) du rideau de fer à la chute du mur de Berlin: Le Matin vient déjà ; 3) à l'heure d'internet : Sveltes poèmes; 4) années 2010-2013 : Une existence poétique actuelle, premier et deuxième fascicules; 5) année 2013 et suivantes : Etoiles sur un fond noir; https://poésie-parole.blogspot.com
texte de 1951- revu en 2010
Sartre sans échec : étude de L'être et le néant de Jean-Paul Sartre : https://sartresansechec.blogspot. com
1971
Méditations bibliques en fonction des fêtes chrétiennes annuelles et des textes du Messie de Haendel : https://biblentoutemps.blogspot.com
1983
Cévenne proche: Dessins réalisés au cours d'un séjour d'été en Cévennes (Vallée longue) : https://cevennesproches. blogspot.com
1984
Alpes estivales : dessins effectués dans les Alpes (Massif du Mont Blanc) au cours d'un été: https://alpestivale.blogspot.com1995
La Tradition ou la Parole ? : études d'histoire des religions (christianisme) : https://tradition-parole.blogspot.com
2006-2018
allez-théo: blogs mensuels pour encourager la théologie ; https://alleztheo.blogspot.com
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Théologie et déconstruction : La théologie (protestante) au regard de la déconstruction de la métaphysique occidentale : https://theologie-deconstruction.blogspot.com
2012-2018
Ont suivi, dans les années suivantes, les livrets de poèmes suivants sur https//poesie-parole.blogspot.com
Mes théâtres
Les bons sentiments
Retour sur images
Au jour le jour
À bâtons rompus
2018 : Loyaux avec la foi et envers nous- mêmes , théologie chrétienne évangélique dans la modernité rationaliste, la post-modernité sceptique, l'hypermodernité multiculturelle : https// loyaux-avec-la-foi.blogspot.com
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En
savoir plus sur Jacques Gruber et la famille de son épouse, née Cécile Pelet
Années
de guerre 39-45
Au cours des
sombres années de la guerre les grand-parents de mon épouse (M. et Mme. Henri
Pelet) ont caché et sauvé Mme. Brunschwicg, épouse du philosophe Léon
Brunschwicg et ses parents (M. et Mme. Albert Pelet), de même, le peintre Willy
Einsenschitz (voir Google à ce nom). Michel Hollard « L’homme qui a sauvé
Londres » est un cousin germain de la mère de mon épouse (Annette
Hollard), L’un des oncles de mon épouse, Jean-François Pelet a été fusillé pour
cause de résistance à Saint-Dié en 1943.
-
Jean-François
Pelet vers 1935
Jean-François Pelet, né le 29 août 1913 Génolhac dans
le Gard, et décédé le 22 octobre1944 à Moyenmoutier dans
les Vosges, est un membre éminent de la résistance vosgienne durant la Seconde Guerre
mondiale.
Sommaire
o
1.2 1940
|
Biographie[modifier]
Carrière[modifier]
Diplômé de l'Institut
national agronomique de
Paris (l'Agro) promotion 1932 comme son père Henri (promotion 1900)
et son frère André (promotion 1929) il opte pour une carrière aux Eaux et
Forêts comme son père qui fut conservateur des Eaux et Forêt dans le Gard et
est nommé en décembre 1941 inspecteur adjoint des Eaux et Forêts à Saint-Dié.
Il sera nommé inspecteur à titre posthume.
1940[modifier]
Jean-François Pelet a été
mobilisé dans l'infanterie en 1939. En mai 1940 il
était aspirant au 3e bataillon
de chasseurs pyrénéens. Il participa à de nombreux combats de multiples
patrouilles et fut grièvement blessé. Citation à l'ordre de la division :
«Chef de section
courageux, a fait preuve d'une belle conscience professionnelle. Au cours d'une
reconnaissance périlleuse effectuée dans la région de Vétrigne, le 18 juin 1940,
a été grièvement blessé de plusieurs balles ennemies. Malgré sa perte de sang
est rentré au fort à la tête de ses hommes.»
Fait prisonnier, blessé, il est
envoyé en captivité en Allemagne, libéré en octobre 1941, il a regagné son
poste à Saint-Dié.
Résistance[modifier]
Dès 1941,
Louis François, son chef hiérarchique Inspecteur principal des Eaux et Forêts à Saint-Dié, et Jean-François Pelet parvinrent à
créer une organisation de résistance, composée exclusivement de préposés
forestiers, bien sélectionnés, recrutés dans la Conservation des Vosges. Cette
cellule se distingua par la qualité du personnel et l'abondance de l’armement
camouflé. En juillet 1943, l’organisation forestière se mit
en relation avec les chefs régionaux de la Résistance et notamment avec le
Pasteur Rubens Valet (fusillé par la suite); elle entra alors dans le cadre
général de la Résistance vosgienne.
Il y fait de très nombreuses
missions et liaisons. En particulier, il organise en compagnie de son chef et
de Jean Boutin des chantiers forestiers afin de soustraire un certain nombre de
jeunes au service du
travail obligatoire en
Allemagne. Ces mêmes jeunes rejoindront bien souvent la Résistance. Parmi ces
chantiers figure la route forestière qui porte son nom qui relie le col de Mandray au col du Bonhomme par la ligne des crêtes.
Le 2 septembre 1944 il reçoit le commandement d'un groupe
de FFI.
Le 17 octobre 1944 la Gestapo avait arrêté son chef, M. François,
un garde général et un brigadier. Il fut pris à son tour le 18 octobre 1944.
Ces hommes furent détenus et
torturés par la Gestapo, les SS et
la milice à l'école du Vivier à Etival.
Le 22 octobre 1944,
il est exécuté avec douze autres patriotes français et un parachutiste anglais
après avoir été torturé à l'école du Vivier à Etival dans la vallée de Ravines
proche de Saint-Prayel écart au nord de Moyenmoutier.
Ces douze patriotes et le
parachutiste anglais sont :
·
Louis François, conservateur des Eaux et Forêts à Saint-Dié
·
Paul Caël, exploitant forestier à Saint-Remy
·
Paul Duprey, adjudant-chef à La Salle
·
René Folcher, garde forestier à La Bourgonce
·
Alfred Gaxotte, instituteur à La Bourgonce
·
Paul Gérard, brigadier des Eaux et Forêts à Saint-Benoît-la-Chipotte
·
Silly Grenwley, lieutenant parachutiste anglais
·
Georges Hanus, garagiste à Étival
·
Louis Kopf, chef de district à Saint-Benoît-la-Chipotte
·
Jean Marcelli, garde forestier à Saint-Benoît-la-Chipotte
·
Camille Marotel, garde forestier à Saint-Benoît-la-Chipotte
·
Maurice Millotte, brigadier des Eaux et Forêts à La Salle
·
Hugues Perrin, ingénieur ECP à Nancy
Les deux premiers suppliciés
furent retrouvés enterrés près de la scierie de commune proche du ruisseau des
Devis. Les autres furent massacrés dans la scierie de Barodet qui fut incendiée
après les faits. Leurs restes mélangés furent inhumés au cimetière de
Moyenmoutier. Un monument inauguré en ces lieux le 27 octobre 1946 perpétue le
souvenir
Liens externes[modifier]
Bibliographie[modifier]
·
"Opuscule du comité pour le souvenir de fusillés de
Coichot" Imp KRUCH, 1946
| [+]

Limeil-Brévannes,
14 novembre 2011
pour
nos cousins Françoise et François Durand-Échard
Chère
Françoise,
puisque tu
m’y invites, je te retrace ici, le plus objectivement, mes engagements au cours
des années 42-46 (entre 17 et 21 ans).
En 1940, les
nazis avaient mis notre père devant le choix de revenir sur place (à Strasbourg)
diriger la Brasserie, sinon ils y mettraient un directeur allemand. Notre père
ayant refusé, il s’est trouvé à la retraite forcée et cela a été le début de la
fin de l’affaire.
Le sentiment
anti-allemand était vivace dans la
famille. Parallèlement à ce qui se passait chez nous, la famille de l’un de nos
oncles (Walter Schwendener, pasteur à Mulhouse), avait été expulsée par les
nazis ; réfugié à Lyon, il est incarcéré au Fort Montluc avec son collègue
Roland de Pury, par Barbie. Il s’en sort de façon apparemment fortuite et
part avec sa famille se cacher dans le Poitou (à Moncoutant) sous un faux nom
jusqu’à la libération. Un autre de nos oncles, Charles Hauter, professeur de
théologie à Strasbourg, évacué à Clermont-Ferrand, était déporté à Buchenwald,
d’où il reviendra, mais l’un de ses fils, André, qui avait le même âge que moi,
déporté à Dora n’y survivra pas.
Au cours des
années 42-44, avec mon frère et mes sœurs, nous avons milité dans le mouvement,
alors clandestin, des éclaireurs-éclaireuses unionistes (protestants). Je me souviens d’avoir dirigé
vers l’âge de 17 ans un camp d’été à Lusignan où nous étions nourris par la population locale et où le
maire avait pris sur lui de nous laisser dresser un mât au haut duquel flottait
un drapeau bleu blanc rouge. Pour les adolescents que nous étions, c’étaient
des actes de résistance.
En 1942, nous
avons été dénoncés, (de façon anonyme ai-je toujours pensé) comme Juifs (contre
toute vérité). S’en sont suivies des tracasserie préliminaires qui ont tourné
au vinaigre en 1943, année où Aloïs Brunner avait été envoyé par Hitler en
France pour activer la déjudaïsation. Je me souviens d’une remarque d’un cousin
de mon père : « Il n’y a que la libération qui puisse vous
sauver ». Mon frère a longtemps conservé les documents afférents à cet
épisode (estampillés de croix nazies et de sigles SS) et s’en est aujourd'hui
débarrassé.
Dans ces
mêmes années, nous avons logé un professeur de mathématiques du lycée, M.
Martzlof dont les enfants faisaient du scoutisme avec nous. Il était obligé de
se cacher, non qu’il fût Juif, mais parce qu’il était franc-maçon. Il aura la
vie sauve.
Nous allions,
mon frère et moi au Lycée Lakanal (nos sœurs allaient au Lycée Marie Curie).
Lakanal était dévolu à l’enseignement au rez-de-chaussée, les étages étant
occupés par la Wehrmacht que, pendant les heures de cours nous entendions
manœuvrer dans les cours de récréation. Le lycée servait de couverture (et
d’otage) à la caserne. Jour et nuit, nous étions fréquemment obligés de courir
aux abris à cause des alertes dues aux bombardements alliés (nous avons eu des
éclats d’obus de DCA allemande, dans nos volets et nous avons dû refaire le
toit et les cheminées de la maison après la fin de la guerre, sans aucune aide
financière). Lors du bombardement de la gare de Massy-Palaiseau, appelé à
seconder les équipes d’urgence, j’ai vu des cratères de trois à quatre mètres
de profondeur, sinon plus.
Le jour, à
Lakanal, les cours continuaient dans les sous-sols, sans chaises, tables ni tableaux
noir (les plus dissipés, s’échappant par les soupiraux, allaient, faire du
canotage sur les bassins du parc de Sceaux où, de fait, les risques et périls
n’étaient guère plus grands). Plusieurs fois par nuit, les alertes nous
précipitaient dans notre cave où se réfugiaient tous les voisins, pour des
heures de veille, parfois jusqu’au petit jour. En dépit des circonstances, il y
régnait la meilleure humeur. Après quoi, nous partions, à pied, le ventre vide,
pour le lycée, distant d’un kilomètre et demi, comme si de rien n’était.
C’est dans
ces circonstances que, le 9 mars 1944, j’ai été convoqué au Commissariat aux
questions juives (dirigé par M. Du Paty de Clam), rue Notre Dame des Victoires,
à Paris, si mes souvenirs sont exacts. Dans le hall d’entrée j’ai dû remettre
mon passeport aux miliciens, on m’a fait monter dans les l’escalier, exhibant à
chaque étage, à un groupe de miliciens en faction, le laisser-passer qui
m’avait été remis au rez-de-chaussée et que je conserve encore. [J’aurais pu
ne pas y aller, entrer dans la clandestinité, mais le lendemain la police
française serait venue chercher mon frère et mes sœurs pour les emmener dans
l’antichambre d’Auschwitz. Ce jour là, j’ai, en quelque sorte sauvé ma
famille.]
Au dernier
étage, on m’a fait pénétrer dans une assez vaste salle où j’ai été soumis à un
interrogatoire de la Milice tenant de l’interrogatoire des policiers qui veulent
vous amener à dire ce qu’ils ont décidé dans leur tête, du confessionnal et de la chasse aux
sorcières. Je me souviens
de ne pas avoir été impressionné et d’avoir répondu de façon nette à toutes
les questions. Finalement, il m’a été demandé de faire la preuve de ma
circoncision, mais l’examen a prouvé l’inverse. À la suite de quoi, j’ai été
libéré, j’ai retrouvé mon passeport au rez-de-chaussée et suis rentré chez
nous.
Au lycée,
nous avions un professeur d’anglais (M. Cossard) qui faisait partie d’un réseau
de résistance (d’autres étaient d’actifs collaborateurs !). Comme
j’habitais Fontenay-aux-roses (et sans doute aussi parce qu’il avait confiance
que j’étais du bon côté), il me chargeait de messages et de paquets pour les
membres de son groupe qui habitaient Fontenay. Cette atmosphère de clandestinité
me plaisait (avant de m’admettre les destinataires me demandaient le mot de
passe qui m’avait été confié) et tout s’est bien passé en fin de compte. Au
jour de la libération, j’ai retrouvé mes correspondants, acclamés (y compris,
par moi) sur le balcon de la Mairie.
En janvier
1944, notre père est décédé et nous nous sommes brusquement trouvés, les cinq
enfants, devant nos destinées (notre mère était décédée lorsque j’avais quatre
ans).
Ayant mon
premier bac en poche, j’ai rejoint un groupe de FFI (j’ai encore mon brassard)
à l’École alsacienne (où, avec mon frère, nous avions été élèves avant d’aller
à Lakanal du fait de notre changement de domicile en 1939). D’autres groupes de
FFI et de FTP nous ont rejoints dans un plus vaste bâtiment, à Villejuif, des
officiers et sous-officiers FFI-FTP, mais aussi venant de l’armée du général
Juin nous ont encadrés et nous avons ressuscité le 24 ème régiment d’infanterie
(dit « régiment de Paris », aujourd'hui à nouveau dissous). Nous
avions tous signé un engagement volontaire pour la durée la guerre en août 1944
et notre régiment a été intégré à la 1ère Armée française du général
de Lattre de Tassigny (sous les ordres plus directs du général Pierre
Billotte).
Pendant le
rigoureux hiver 1944-1945, j’ai été en première ligne sur la poche de Colmar
(principalement à Urbès et à Willer-sur-Thur). J’étais observateur de bataillon
et je suis passé de seconde classe à sous-officier (caporal-chef), en une nuit
où toute ma bravoure a consisté à continuer la mission du groupe alors que les
autres observateurs étaient blessés par le bombardement (à coup d’obus de
mortier) de notre observatoire installé dans les combles d’une maison.
La poche de
Colmar est tombée au printemps. Nous avons été envoyés au repos à Thouars
(Deux-Sèvres) puis en occupation en Allemagne, dans la Vallée du Rhin (je me
souviens, en particulier de Saint-Goar). Dans la foulée, j’ai suivi un peloton
de sous-officers à Oranienburg (sorti officieusement 1er, officiellement
5ème , après avoir dit à notre capitaine que je n’envisageais pas
d’avenir militaire). J’ai été démobilisé le 19 novembre 1945. Je n’avais pas
alors mon second bac. Je n’ai pas voulu retourner au lycée et ai préparé le bac
philo, seul, chez moi, en trois mois. Je l’ai présenté en candidat libre et
l’ai obtenu à une session spéciale pour les démobilisés (sans oral), le 28
février 1946 (mention passable).
Bien
affectueusement,
à la demande
de Franck Marville
Jacques Gruber
43, avenue de Valenton Limeil-Brévannes, 15
septembre 2012
94450 Limeil-Brévannes
01 45 95 21 59
gruber.limeil@orange.fr
Cher Franck
j’ai encore des
souvenirs très précis de la période dont tu me parles, mais vue du petit bout de la lorgnette (comme Fabrice Del
Dongo racontant la bataille d’Austerlitz dans la Chartreuse de Parme).
C’était, en partie,
une période trouble où des gens opportinistes, comme tu dis, changeaient
astucieusement de camp.
Hiver
1944-1945, la Poche de Colmar
Le régiment que
nous avions fini par constituer entre FFi (tout venant des résistants) et FTP
(résistance communiste) n’était formé que de parisiens (le 24ème
régiment d’infanterie dit « Régiment de Paris ») auxquels on avait
adjoint des officiers et des sous-officiers issus de l’Armée du général (futur
maréchal) Juin (l’Armée d’Afrique), qui savaient « faire la guerre ».
Laisssés à nous-mêmes avec des officiers et des sous-officiers issus de la
Résistance, dont les galons, comme nous disions alors, leur étaient
« tombés du ciel sur les épaules », entièrement novices face à des
soldats confirmés, nous aurions été vite liquidés. La 1ère Armée
française de de Lattre comptait plusieurs régiments de deux à trois mille
hommes (et quelque rarissimes femmes !). Sans doute Lecore avait-il été
enrégimenté dans un autre que le mien.
Une Armée est
composée de Divisions, notre général de Division était Pierre Billotte,
ultérieurement, l’un des créateurs de la ville de Créteil (notre actuelle
préfecture du Val-de-Marne). Les régiments sont formés de plusieurs bataillons,
les bataillons de plusieurs compagnies et les compagnies de plusieurs sections.
Dans un bataillon, il y a, d’ordinaire, une compagnie dite « de
commandement », qui regroupe les soldats qui ont des spécualités.
Obsevateur de
bataillon est l’une de ces spécialités, je faisais donc partie de la compagnie
de commandement du 2ème Bataillon (commandant : Lhuillier, un
« marsouin » de l’armée Juin).
Nous étions un
groupe de trois (un sergent, un caporal et un seconde classe : moi)
chargés de tenir le Régiment au courant des mouvements de l’ennemi. Ne me
demande pas sur quels critères nous avions été choisis, je n’en ai jamais rien
su, l’armée n’est pas bavarde. En tout cas, nous nous entendions bien et cette
façon de faire la guerre était plutôt intéressante. J’ai toujours considéré que
j’avais eu là beaucoup de chance.
Nous avions
installé un observatoire dans le toit d’une villa vide à Willer-sur-Thur. Nous
devions déterminer sur le panorama du site que nous avions dessiné nous-mêmes
selon des normes fixées et à l’aide de jumelles équipées d’un système qui
permettait de mesurer les distances, l’origine des tirs de l’ennemi que nous reportions sur la
carte d’état-major. Aussi vite que possible, à l’aide de téléphones portables
rudimentaires et encombrants, nous transmettions les cotes à l’artillerie
pour qu’elle riposte à bon escient. Nous ne chômions pas, surtout la nuit où
les attaques étaient plus fréquentes.
Quand le bataillon
(ou une compagnie) se déplaçait à travers la forêt vosgienne enneigée, nous
étions chargés de la guider avec carte et boussole et de repérer les mines
(j’avais suivi à cet effet une brève instruction) afin de les éviter. Forte
responsabilité (on disait : « En cas de doute, faites passer une mule
en premier », car nous avions, en effet, des mules pour porter les
mortiers ou les mitrailleuses lourdes), mais tout s’est bien passé en ce qui me
concerne.
Un jour, chargé d’amener le ravitaillement à
notre groupe, j’avais été repéré par les allemands et pris à partie par leurs
mortiers qui éclataient tout autour de moi. J’ai dû mon salut à la neige. Elle
nous montait aux genoux. Je me suis enfoncé dedans et j’ai rampé à travers elle
en direction de notre cantonnement que j’ai atteint sain et sauf, mais assez
mouillé. Ne pouvant savoir si j’étais parti à droite ou à gauche, les allemands
ont arrêté leur tir. Le ravitaillement est donc bien arrivé.
Une nuit, nos
ennemis, qui avaient aussi leurs observateurs, et qui avaient parfaitement triangulé
notre position, ont envoyé des obus sur notre observatoire qui s’est écroulé
dans la cage d’escalier de la maison. Mes deux camarades ont été blessés, non
par les obus, mais dans l’écroulement qui avait emporté la cage d’escalier
elle-même (c’est dire la force de ces tirs).
Ils se sont
succinctement soignés avec les trousses
de secours dont nous étions dotés (et peut-être avec mon aide, je n’ai pas de
souvenir sur ce point précis). J’ai repris, comme je pouvais, nos observations
et ai pu continuer d’informer le QG jusque dans la matinée où nous avons été
secourus. C’est ainsi que j’ai été nommé caporal-chef, au feu, entre le soir et
le matin, en sautant par-dessus le premier grade des armées, celui de caporal.
Mes actes héroïques se sont bornés à cette modeste promotion-surprise, mais, vu
les circonstances pas ordinaires, j’en conserve une certaine fierté (tempérée
par l’humour).
Mes camarades ont
été évacués et je n’ai plus eu de leurs nouvelles. De toute façon, leurs
blessures n’étaient pas mortelles. Ils ont dû être simplement démobilisés et
renvoyés dans leurs foyers. J’ai continué le travail d’observateur de bataillon
avec l’aide d’un nouveau camarade que j’ai commencé à former (mais nous
n’étions plus que deux pour une astreinte de 24/24).
Cela a duré tout
l’hiver 1944. Au printemps, la poche de Colmar (tenue par les SS) a cédé (dans
une faible partie grâce à nous, mais enfin) et nous sommes descendus « au
repos » pour un mois à Thouars (dans les Deux-Sèvres). Après quoi, j’ai été envoyé en Allemagne, à
Oranienbourg, pour suivre obligatoirement un peloton de sous-officiers. La
veille de la clôture, le capitaine qui commandait notre groupe m’a annoncé que
j’étais premier de la promotion et m’a demandé comment j’envisageais ma
carrière dans l’armée. Je lui ai répondu que je voulais être pasteur de sorte
que le lendemain, lors de la proclamation des résultats, j’étais cinquième.
C’est ce qu’on appelle « la cote d’amour ». Je m’en suis consolé.
J’arrête là, la
suite, mes mois d’occupation en Allemagne sont sans véritable intérêt. J’espère
que j’ai répondu à tes questions. Tu peux me demander d’autres éclaircissements
au besoin.
Je te remercie
encore pour la finesse, la gentillesse et la sincérité, l’humour du petit
montage que tu nous as présenté à Génolhac et je t’embrasse bien
affectueusement,
« L’hiver 1944-45 était
inhabituellement froid pour l’Europe du nord-ouest. Dans son Histoire de la
Première Armée française, le Général de Lattre a décrit le temps en Alsace
en tant que « sibérien », avec des températures pouvant atteindre 20
degrés Celsius au-dessous de zéro, des vents forts et une couche de neige de près
d’un mètre d’épaisseur » (Wikipédia). J’ai le souvenir d’avoir passé le
col de Bussang, à pied, dans la neige, en décembre 1944 (ou janvier 1945).
